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QU’EST-CE QUE L’ALCOOL ?

L’alcool est une molécule organique. Toutes les boissons dites alcoolisées (du cidre à la vodka) contiennent de l’éthanol, qui est un alcool particulier.

L’alcool des boissons alcoolisées provient :
– de la fermentation ou de la macération de certains sucres naturels (fruits, miel, grains) ;
– de la distillation d’une boisson fermentée.


Par exemple, le cidre est obtenu à partir de jus de pomme fermenté ; la bière à partir d’orge germée fermentée ; le vin à partir de jus de raisin fermenté ; le cognac à partir de la distillation du vin.

Les boissons alcoolisées sont plus ou moins concentrées en alcool. À volume égal, il y a plus d’alcool dans la vodka que dans la bière, par exemple. Cette information, le degré d’alcool, est inscrite en pourcentage sur toutes les bouteilles ou canettes contenant une boisson alcoolisée. Par exemple, une bière à 5 % contient 5 ml d’alcool pour 100 ml. L’alcool y est deux fois moins concentré que dans un vin à 10 % (10 ml d’alcool pour 100 ml de boisson)

Comme il est important de pouvoir évaluer avec précision quelle quantité d’alcool se trouve dans un verre, on a eu l’idée d’établir une sorte de mesure, le « verre standard ». Un verre standard contient une quantité d’alcool identique quelle que soit la boisson. Un verre standard, c’est par exemple une petite bouteille de bière (25 cl à 5 %), ou une coupe de champagne (12 cl à 10 %), ou un verre de vin (10 cl à 12 %), ou encore une dose de whisky ou de cognac (3 cl à 40 %). Tous ces verres contiennent approximativement la même quantité d’alcool. Ainsi, une personne qui boit une bière ne consomme pas moins d’alcool qu’une personne qui boit un verre de vin (même si la concentration d’alcool est moins importante dans la bière que dans le vin) : comme un verre standard de bière est deux fois plus gros qu’un verre standard de vin, on en consomme autant !

L’ALCOOL ET LE CORPS HUMAIN

Une substance non digestible

Le système digestif humain n’est pas capable de digérer l’alcool : sa molécule passe directement et très rapidement dans le sang sans être transformée par la digestion. Une petite partie est éliminée par la sueur, les urines et l’air expiré, mais la majeure partie reste dans le corps et se dissout dans les graisses des organes.

Comme l’alcool est toxique pour l’organisme, il doit être détruit. C’est le foie qui s’en charge : il parvient à éliminer 10 g d’alcool (environ la quantité contenue dans un verre standard) en une heure environ.

Les effets de l’alcool

L’alcool est une substance psycho-active, c’est-à-dire qui modifie l’activité du cerveau. Dans un premier temps, après un verre par exemple, l’alcool détend, désinhibe, euphorise. Parallèlement, il amoindrit la perception, diminue les capacités physiques et intellectuelles, perturbe les réflexes, la concentration et la coordination, altère le jugement, diminue la vigilance. Ainsi, au-delà d’un ou deux verres, la conduite d’un véhicule ou d’une machine devient dangereuse (même si la personne ne se sent pas ivre du tout, ses réflexes sont malgré tout moins efficaces que ceux d’une personne qui n’a pas du tout bu d’alcool ; par exemple, elle met plus de temps à appuyer sur la pédale de frein si un danger survient sur sa route).

Après trois ou quatre verres, le foie ne parvient plus à éliminer l’alcool à mesure qu’il est absorbé : l’alcool, toxique, reste dans l’organisme. C’est l’origine des symptômes de l’abus : maux de tête, nausées, vomissements, perte d’équilibre, etc. La consommation de trop grandes quantités d’alcool provoque une perte de contrôle qui est à l’origine de prises de risque inconsidérées, et, parfois, de comportements étranges ou violents. Si vraiment la consommation d’alcool dépasse les capacités de résistance de l’organisme, l’ivresse cède la place à un état de somnolence profond et d’insensibilité à la douleur. Cet état peut conduire au coma éthylique (un coma lié à l’alcool) et à la mort.



Les effets de l’alcool sur chacun dépendent d’un certain nombre de facteurs :
→ à consommation égale, une personne légère aura une alcoolémie (le taux d’alcool dans le sang) plus forte qu’une personne lourde ;
→ à consommation égale et à poids égal, une femme aura une alcoolémie plus forte qu’un homme ;
→ l’absence de nourriture dans l’estomac, la fatigue, un mauvais état de santé (un rhume par exemple), la prise simultanée de médicaments ou de cannabis, etc., sont autant d’éléments qui rendent plus forts l’alcoolémie et les effets de l’alcool.


ALCOOL ET PRISES DE RISQUE

Même si de nombreux jeunes ne consomment pas (ou très peu) d’alcool, la consommation de boissons alcoolisées commence généralement à l’adolescence, entre 13 et 18 ans, de manière d’abord très occasionnelle (fêtes familiales ou amicales), puis plus fréquente. A l’adolescence, cette consommation, comme celle du tabac, fait partie des symboles d’une certaine intégration sociale.

Cependant, à une consommation festive « pour le goût » peut se juxtaposer ou se substituer, chez certains adolescents, une consommation à risque. Ces adolescents recherchent de façon systématique une ivresse rapide et massive : cette consommation d’alcool peut alors être responsable d’accidents mortels (coma, accidents domestiques ou de la route), mais aussi de prises de risques aux conséquences parfois dramatiques (comportement agressif conduisant à des bagarres parfois violentes ou encore à des agressions sexuelles, dans le rôle de l’agresseur ; abandon de toute prudence qui peut conduire aux mêmes accidents, mais dans le rôle de la victime ; oubli d’utiliser un moyen contraceptif lors d’une relations sexuelle, ce qui peut conduire à une grossesse non désirée ou à contracter une infection sexuellement transmissible, etc.).

Les adolescents sont d’autant plus vulnérables qu’ils ne sont pas toujours bien informés, et que, alcool ou pas, l’adolescence est une période où la prise de risque est souvent maximale. Enfin, il peut arriver que la consommation d’alcool soit associée à d’autres conduites à risque (consommation de cannabis, de médicaments, de drogue), qui en augmentent encore les effets et donc les dangers.

Parmi les adolescents, les enquêtes montrent que les risques liés à l’alcool sont deux à trois fois plus importants pour les garçons que pour les filles. En effet, les garçons boivent plus et plus souvent ; ils sont aussi beaucoup plus souvent ivres.

ENTRE CONSOMMATION MAÎTRISÉE ET ABUS

Les éléments suivants donnent quelques repères pour éviter les conséquences néfastes de l’abus d’alcool :



→ pas d’alcool pendant l’enfance
Boire pendant l’enfance expose aux mêmes risques qu’à l’âge adulte, mais quelques verres suffisent pour mettre la santé d’un enfant en danger : en effet, parce qu’ils sont encore en pleine croissance et parce qu’ils sont plus légers que les adultes, les enfants sont très sensibles à l’alcool et à ses effets.
→ pas d’alcool pendant la grossesse
L’alcool n’est pas arrêté par le placenta, et il passe rapidement dans le sang du bébé. Boire pendant la grossesse expose ainsi l’enfant à naître à de nombreux risques : retard de croissance, malformations, retard mental, etc.
→ pas trop d’alcool en une seule fois (c’est-à-dire pas plus de 4 verres standard en une seule fois)
Boire trop d’alcool au cours d’une même soirée expose à divers risques qui peuvent être liés à l’alcool lui-même (coma éthylique) ou aux risques pris sous l’emprise de l’alcool (accident, agression, etc.).
→ pas d’alcool trop souvent (c’est-à-dire, chez les adultes, pas plus de 2 verres par jour pour les femmes et de 3 verres par jour pour les hommes, autrement dit pas plus de 14 verres par semaine pour les femmes et de 21 verres par semaine pour les hommes)
Boire tous les jours, même sans être ivre, même sans être dépendant, expose à de nombreuses maladies : cancer de la bouche, de la gorge, du tube digestif, du foie, du pancréas ; maladies graves du foie (cirrhose notamment) ; troubles de l’humeur et du comportement (anxiété, dépression), etc.
→ pas d’alcool quand on conduit, quand on dirige une machine, quand on doit exercer des responsabilités ou prendre des décisions, quand on prend des médicaments.


L’ALCOOLISME OU DÉPENDANCE ALCOOLIQUE

Boire trop, trop souvent et trop longtemps expose à la survenue d’une dépendance  (comme le tabac, l’alcool est une drogue, même si sa vente et sa consommation sont légales) : le malade ne peut plus se passer de boire et devient incapable de contrôler sa consommation, malgré les conséquences de ses excès sur ses relations familiales, sur sa vie sociale et sur sa santé.

La dépendance à l’alcool s’installe lentement, à des doses qui varient selon les individus. Un malade alcoolique a besoin d’aide pour sortir de sa dépendance ; le plus souvent, il devra se passer de boire tout le reste de sa vie pour ne pas retomber malade (en effet, quand on a été alcoolique, un seul verre suffit pour le redevenir). Toutes les personnes ne sont pas égales face à l’alcoolisme, il existe des prédispositions qui ne sont pas bien élucidées : certaines personnes boivent beaucoup et ne deviennent pas dépendantes, mais d’autres le deviennent très rapidement alors que leur consommation est modérée.

PRÉVENIR LES ABUS D’ALCOOL

La consommation excessive d’alcool est un problème de santé publique en France. En effet, même si la consommation d’alcool par an et par habitant n’a cessé de diminuer depuis les années 1950, la France reste l’un des pays où cette consommation est la plus importante. On considère que l’alcool tue, directement ou indirectement, environ 45 000 personnes chaque année en France.

En France, la vente et la consommation d’alcool sont réglementées. Par exemple, la loi protège les mineurs en interdisant la vente d’alcool aux moins de 16 ans et en réglementant la publicité. Elle interdit aussi la conduite en état d’ébriété (c’est-à-dire avec un taux d’alcool supérieur à 0,5 gramme d’alcool par litre de sang, c’est-à-dire environ deux verres standard).

Les pouvoirs publics tentent également de mettre en place différentes actions de prévention qui visent en particulier à :
→ informer des risques liés à la consommation d’alcool et valoriser la modération et la responsabilisation (« Et vous, avec l’alcool, vous en êtes où ? ») — en effet, très souvent, les personnes qui ont une consommation excessive d’alcool ne « veulent pas le voir » ;
→ lutter contre l’ivresse au volant, qui provoque de nombreux accidents, en recommandant que la personne qui prend le volant ne boive pas du tout d’alcool (« Celui qui conduit c’est celui qui ne boit pas ») ;
→  en mettant en place des programmes spéciaux permettant d’éviter de conduire après une soirée arrosée, avec par exemple des bénévoles qui vont se charger de reconduire en voiture les gens chez eux à la sortie des boîtes de nuit.